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M - Cose in piedi
 
2020 - en cours
M3 (MER+MATIÈRE+MEMOIRE) = W(EIGHT):V(ALUE) 
La formule magique d’une transformation placée sous le signe de la durabilité.

 

Enquêter sur la Transformation signifie comprendre le temps que nous vivons. Cela implique d’activer une « métamorphose alchimique », ce processus transformateur de la matière qui modifie la forme des choses et en bouleverse le sens et la signification. Avec la collection "Cose in piedi" (Choses debout), Thierry Konarzewski emprunte cette voie, proposant une famille d’objets aux formes renouvelées, qui luttent contre leur destin de devenir des « choses mortes », étendues au bord de la mer, abandonnées, à la dérive. L’artiste — tel un alchimiste du temps présent — les remet debout et, par variations, recompositions, intégrations, les transforme tout en préservant leur noyau vital, ce fil qui, dans le changement, demeure le même : donner une nouvelle vie au plastique, à travers ce geste artistique qui a toujours caractérisé les artefacts de Thierry Konarzewski. Une continuité — éclectique et stupéfiante — qui produit cette « merveille » qui, déjà pour Aristote, constituait l’étincelle de la connaissance.

 

L’idée créative, avec les trois M qui se superposent, naît d’une réflexion : la matière ne s’épuise pas dans la question de la forme ou de la fonction, mais implique un processus par lequel ce qui est tangible se transforme en valeur. Le terme anglais Matter signifie matière, mais aussi ce qui compte, ce qui génère du sens. Le sens attribué aux « Choses debout » permet ainsi de tenir ensemble concrétude et abstraction, invitant à considérer l’art et le design non pas tant comme des disciplines que comme des pensées incarnées, capables de traverser matériaux et significations, et de restituer de la profondeur à l’acte de régénérer le rebut.

 

Dans "Cose in piedi", au sein d’une trame affective qui traverse les paysages de l’art et de l’environnement, nous retrouvons ainsi une nouvelle interprétation du recyclage, sous le signe d’une Poetica Craftsmanship, d’un faire avec les mains : au moment où l’artiste intervient sur les formes de la matière, déjà marquées par le travail de la mer, il transfère dans ses œuvres la valeur retrouvée d’une mémoire qui ne meurt pas.

 

Linda Gobbi - sociologue et essayiste / Future Concept Lab

 

M signifie mer, matière, mémoire.  Ce projet est le fruit d’une réflexion que je mène depuis 2000 en parallèle de mon travail photographique sur la série ENOSIM. Je collecte en Méditerranée des fragments de plastique, restes anonymes que la mer polit et restitue. Un geste répétitif et intentionnel pour les transformer aujourd’hui en une communauté de « Choses debout », présences à la fois sculpturales et domestiques, dont la forme naît de la quantité exacte de matière mobilisée.

 

Il ne s’agit pas d’une méditation sur la pollution, mais d’une tentative d’offrir à ce qui excède une nouvelle dignité culturelle. Les œuvres de cette collection conservent la mémoire visuelle d’une autre fonction : des objets sans nom devenus signes, des corps silencieux qui continuent à respirer dans l’espace.

J’ai choisi de nommer chaque œuvre selon un lexique industriel : la lettre M est suivie du poids net (M324, M735, M1448…). Ce nombre est un indice muet qui n’explique pas, mais mesure. Comme le plastique lui-même, standardisé et sériel, l’œuvre porte inscrite sa propre origine quantitative. Ces matériaux ne sont pas des déchets coupables, mais des sous-produits d’un cycle : fabriqués, consommés, rejetés, puis redistribués par les courants. En associant une lettre à un poids, j’ai voulu entrelacer symboliquement production, accumulation et transformation.

Chaque objet devient le prototype, la preuve d’un ensemble possible. Être debout signifie pour moi durer. Ne plus être utile et pourtant présent, encore capable d’habiter ce monde et de générer du sens.



 

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